Mélo

Je remonte le fleuve sur un bateau à aube J’aimerais tant qu’il pleuve Pour éteindre les sourires de l’aube Sur le bord de mes lèvres fume une cigarette Comme un instant de trêve Y’a enfin le temps qui s’arrête Mélo Mais l’eau Mélodie Mais l’eau dit : « dans mes bras y’a l’oubli ». Dans les champs de coton se tissent des complaintes Qui viennent jeter leurs mailles de douleur Sur mon âme en pagaille. Les rives sont lointaines, les flots couleur de boue Disparues les fontaines d’où jaillissaient Nos rires et nos serments d’amour Mélo Mais l’eau Mélodie Mais l’eau dit : « dans mes bras y’a l’oubli ». Là-bas dans une chambre d’hôtel Les doigts fébriles de l’infidèle Font voler les bas et la dentelle Et caressent les seins, le creux des reins, Les fesses d’une belle Qui se tord sur des draps moites En soupirant de plaisir Mais moi j’ai le cœur en lambeaux, Ma vie a fondu en pleurs Tout au fond d’un tombeau. Mon mégot reste seul sur le pont du bateau A fumoter encore un peu. Moi, je m’éteins sous les flots Dans l’aube Dans l’ode De l’eau Qui m’dit : « dans l’au-delà y’a l’oubli » ← Retour page Compos