Ce que firent les nymphes au moine
Ce que firent les nymphes au moine Trois naïades au fond d’un ruisseau S’amusaient à péter dans l’eau Quand un bel et nu damoiseau Apparut au milieu des roseaux Il est à moi Il est à moi Crièrent les nymphes en émoi Non, harpies, je n’suis point à vous Car c’est à Dieu qu’entier je me voue Retournez pondre en votre lit De viles bulles, créatures impies Après ce bain, je m’en irai, Le cœur en liesse, devenir moine à l’abbaye Beau jouvenceau ne t’envolera moineau Tu nageras dessous nos flots Avec nous blondin ! Notre bel ondin ! Parmi les truites, les vairons et les goujons Entre nos jambes et celles des hérons. Et les naïades l’ensorcelèrent Partir, Oh ! je me sens partir loin ! Je glisse dans le chant des sirènes Qui m’entraîne Oh ! délicieusement Dans un torrent De désirs endiablés De tourbillons entrelacés Lascive, l’eau vive, m’enivre et m’invite à danser Au rythme des remous avides gémissant sur la pierre Tenir, j’aurais voulu tenir bon J’ai laissé le courant m’emporter Sans lutter Oh ! Je resterai A tout jamais Le prisonnier des ondes Une âme en peine, vagabonde Pêcheur péché rêvant de l’au-delà des rives Au son des gargouillis moqueurs des fées aux cœurs de guivre Fofofofofol ami amer amant ou t’en vogues-tu ? Vers quelle mer files-tu ? Pepepepepetite anguille, belle aiguille, ne t’enfilera qu’en pertuis de filles ! Féféféféfé nous tanguer, oh gué ! au boubouboubout de ton gaie bâton ! Oh ! l’eau bout ! oh ! l’eau monte à nos crues Oh ! nous entends-tu pousser nos gentils p’tits cris de grues ? Mais leur joli damoiseau hélas ! hélas ! n’entendait plus aucun oiseau Car à force d’embrasser les flots il avait avalé beaucoup beaucoup trop du ruisseau et sa vie s’en était allée à vau-l’eau Trois naïades au fond d’un ruisseau S’amusaient à péter dans l’eau Assises sur un beau banc bien blanc : Les os du dos, du dos de l’ondin Avec nos doigts Avec nos doigts Nous saurons bien nous occuper En attendant le prochain qui viendra prendre son bain ← Retour page Compos