A la grâce de Dieu!

J’écris cette chanson pour vous, mes frères, mes sœurs, mes compagnons Sur cette planète pas nette, pas nette, pas nette… Pour vous dire que je vois dans vos yeux des lumières si belles Qu’elles peuvent, si vous le décidez, balayer les grisailles, les idées de bataille, Déverrouiller les portails, les vieux coffres rouillés Et chasser les vampires mieux que des gousses d’ail. Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe… Changer les crépuscules prophétiques en aurores sidérales, Le minuscule pathétique en incommensurable, Transmuter les charbons méphitiques en or inestimable, Et les chardons qui piquent en fleurs aux doux pétales. Non, rien, rien n’est inéluctable. Bien sûr, bien sûr, nous dormons dans de mauvais draps, Sur un bien piètre matelas, Grouillant de viles bactéries. Alors, jetons notre vieille literie, Et prenons notre essor Sur de nouveaux ressorts, Et déposons nos rêves Sur un oreiller de satin À la frange du royaume des anges. Alors, nos yeux se rouvriront Sur un matin sans fange, Où des enfants joyeux Chanteront des louanges, Danseront sous les cieux Des rondes autour du monde : De grandes roues dans le jardin des ondes, Avec la Mère comme moyeu, Avec l’Amour comme essieu. Je crie cette chanson pour vous, mes frères, mes sœurs, mes compagnons Sur cette Terre follette, follette, follette, follette… Car je vois des sourires s’étioler en vos cœurs, Tout au fond de vos êtres, Un peu comme se meurent les braises sous les cendres Dans l’âtre d’une cheminée. Ne les laissez pas s’évanouir, partir en fumée. Faites qu’ils s’esquissent, s’enhardissent, s’épanouissent Puis s’envolent, batifolent dans l’air du temps. Ces étincelles-là allumeront des millions de feux de joie, Des brasiers de fous rires, des phares pour l’avenir. Ces petites chandelles illumineront nos vies de foi, Nous donneront des ailes pour rallier l’Éternel. Oui, oui, mais pour cela, Il faut crever les bulles et scier les barreaux Des cellules tristes et ridicules De nos quotidiens somnambules. Il y a des réveils qui sonnent Aux oreilles des dormeurs, Des signaux qui résonnent À l’orée des torpeurs. Debout ! Dehors, il fait soleil Aux abords du royaume des hommes. Alors, nos yeux se rouvriront Sur un matin sans fange, Où des enfants joyeux Chanteront des louanges, Danseront sous les cieux Des rondes autour du monde : De grandes roues dans le jardin des ondes, Avec la Mère comme moyeu, Avec l’Amour comme essieu. Mais prenons-nous la main, mais prenons-nous la main… Dans nos doigts, des colombes. Et ne baissons les bras, et ne baissons les bras… Que pour relever ceux qui tombent… ← Retour page Compos