Madeline
Madeline s’assoit sur un banc Et regarde passer les gens. Qu’importe si elle ne les connaît pas, Seul compte l’écho de leurs pas, De ces pas de la foule Qui doucement la saoulent Et l’ensevelissent ; C’est la fin du supplice, Sa peur et sa douleur Se noient dans la torpeur, La sale acidité de sa lucidité Cède place à la placidité. À dix-sept ans, Madeline, A rencontré Satan Au coin d’une rue sombre. Elle s’est tant débattue Lorsqu’il l’a dévêtue Que son corps perdu Se débat encore Dans les bras de son ombre. Madeline a des yeux fantômes Qui voguent aux confins de l’oubli. Celui qui a violé son âme Lui a soufflé sa flamme. Cette flamme de vie, Cette envie d’être femme, S’est à jamais éteinte Depuis l’infâme étreinte. Madeline trouve réconfort Dans les bras de la folie Puisque dans les draps de son lit Son cauchemar la mord si fort. À dix-sept ans, Madeline, A rencontré Satan Au coin d’une rue sombre. Elle s’est tant débattue Lorsqu’il l’a dévêtue Que son corps perdu Se débat encore Dans les bras de son ombre. Madeline, assise sur son banc, Écoute la voix des gens. Qu’importe le sens des paroles Du moment que les mots s’envolent, S’envolent… Madeline aussi s’envole Comme une plume S’envole Madeline aussi s’envole Comme une plume. Mais il se fait tard Les lumières déjà s’allument, Les pas se font rares, Les voix se consument, Et la peur au ventre Madeline rentre chez elle ; C’est l’heure à laquelle Le Diable sort de son antre, Le Diable entre dans son ventre.
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