Le lai de Lyselis
Emmi la sylve de Fleure-Mélisse, Lors des heures d’aiguail et de filandre, Chambole en compagnie des biches tendres La blanche dame des bois, Lyselis. Les atours de la belle sauvagesse Fronteau d’ivoire et robe liliale, Chevelure neige et sabots d’opale Font d’elle damoiselle charmeresse ! Et elle a kyrielle de ménestrels, Dame belle, Car dans les ramages, tous les oiseaux, Damoiseaux, Font vibrer pour elle leurs chanterelles Autour d’elle, Sans cessez de la suivre à tire-d’aile, Gent fidèle. Le peuple des chèvre-pieds la talonne, Fanfaronne. Il muse et s’amuse à cligne-musette, Amusette, Et souffle dans des flûtes de roseaux, Blancs museaux, Ou bien dans de nasillardes musettes, Musiquette. Emmi la sylve de Fleure-Mélisse, Jusqu’aux heures d’or du jour qui s’endort, Devise avec la faune, avec la flore, La dame blanche des bois, Lyselis. Puis, sur un doucet nid de plumage, Niché au creux du ventre d’un vieil arbre Que la mousse festonne, capitonne, Elle s’étend, s’étire, se pelotonne. Tout là-haut, sur une branche, palabre Un mage de jais : un merle sans âge. Mille doigts du vent ont pris leur essor Sur la forêt, gigantesque mandore. Ils arpègent cent mélodieux accords ; Bercée, Lyselis lentement s’endort… Au dehors, Balleront bientôt sous la lune blonde Toute ronde La salamandre avec la mandragore, Taches d’or. ← Retour page Compos